Face à une montée des cas d’infections invasives à méningocoque (IIM) en France, la direction générale de la Santé incite les professionnels de santé à redoubler de prudence et clarifie la stratégie vaccinale récemment adoptée contre les IIM, en application depuis le début de l’année 2025.
Suite à une analyse épidémiologique publiée par Santé publique France le 19 février 2025 [1], la direction générale de la Santé (DGS) signale une hausse significative des cas d’IIM en France depuis novembre 2024 [2].
Elle note un
Depuis juillet 2024, 50 décès ont été constatés, portant le taux de mortalité à 13,7
Sommaire
Prédominance des sérogroupes B, W et Y
D’après les informations collectées et analysées par Santé publique France [1], les sérogroupes responsables des cas d’IIM signalés en janvier 2025 étaient
- le sérogroupe B dans la majorité des cas (45 %), avec un taux de mortalité de 12,5 % ;
- le sérogroupe W (30 %) : ces cas sont associés aux formes les plus graves, avec un taux de mortalité de 19,8 % ;
- le sérogroupe Y (25 %), avec un taux de mortalité de 10,4 %.
Trois points d’alerte pour la vigilance
Des études révèlent un lien temporel entre les flambées de grippe et les IIM. « L’augmentation des IIM en janvier 2025 pourrait être en partie attribuée à l’épidémie de grippe particulièrement intense de cette saison 2024-2025
Il a été démontré que « les infections grippales peuvent accroître le risque d’infections invasives à méningocoque ».
Au 19 février 2025, bien que les indicateurs de la grippe saisonnière aient diminué, l’activité grippale restait soutenue, particulièrement chez les jeunes enfants [3].
Dans ce contexte, la DGS demande aux professionnels de santé une vigilance accrue face aux symptômes de méningite bactérienne :
- conduite à suivre (cf. Encadré)
- prise en charge médicale immédiate avec appel systématique du SAMU-Centre 15,
- en présence de signes cliniques de purpura fulminans : démarrage d’urgence (en préhospitalier) d’un traitement antibiotique à base de céphalosporines de 3e génération injectables (ceftriaxone ou céfotaxime) et prise en charge complète d’un sepsis grave incluant l’installation d’accès veineux, le remplissage vasculaire, la surveillance continue des signes vitaux et le transfert médicalisé vers un service de réanimation ;
- notification immédiate à l’Agence régionale de santé (ARS) et déclaration obligatoire ;
- mesures de prophylaxie autour d’un ou plusieurs cas d’IIM : ces mesures sont détaillées dans l’annexe 1 du DGS-Urgent
Ces signes regroupent typiquement un syndrome infectieux et un syndrome méningé (fièvre élevée, maux de tête, vomissements, raideur de la nuque, photophobie, altération de la conscience, purpura, convulsions). Des formes cliniques non méningées sont également rapportées : arthrites, manifestations abdominales. Chez le très jeune enfant, les symptômes peuvent se présenter de manière atypique.
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La vaccination, une mesure préventive cruciale
La DGS souligne l’importance de la vaccination pour prévenir les IIM. Elle rappelle les nouvelles directives vaccinales en vigueur depuis le 1er janvier 2025 (cf. notre article du 7 janvier 2025)
- l’extension de l’obligation vaccinale aux sérogroupes A, B, W et Y en plus du sérogroupe C, pour tous les nourrissons ;
- la recommandation de vaccination contre les sérogroupes A, C, W et Y pour tous les adolescents dès 11 ans.
Les annexes 2 et 3 du DGS-Urgent fournissent un résumé des recommandations vaccinales et des vaccins à utiliser
- pour rattraper la vaccination contre le sérogroupe B chez le nourrisson jusqu’à 24 mois ;
- en fonction de la population, y compris pour les groupes spécifiques.
En conclusion, la DGS détaille les modalités de vaccination des cas contacts en complément de l’antibioprophylaxie :
- lorsque la souche impliquée dans un cas isolé appartient aux sérogroupes A, C, W ou Y : il faut vérifier le statut vaccinal des contacts proches du cas. Si nécessaire, la vaccination doit être effectuée au plus tard 10 jours après le dernier contact avec le cas index, en utilisant les vaccins NIMENRIX (dès l’âge de 6 semaines), MENQUADFI (à partir de 12 mois) ou MENVEO (à partir de 2 ans) ;
- pour un cas isolé d’IIM B, la vaccination prophylactique des personnes en contact, en plus de l’antibioprophylaxie, n’est généralement pas recommandée. Cependant, il est crucial de mettre à jour le statut vaccinal de l’entourage.
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